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TRIBUNE LIBRE
Entre respect et soumission
Le
collège niveleur, berceau de la délinquance
Je vous
parle d'un temps ...
35
ans de monopole syndical
Vos écrits dans cette page à envoyer à SNALC Montpellier
Une nouvelle forme de communication est en voie de banalisation à l’Education Nationale, il s’agit du harcèlement moral. La gestion des établissements est souvent organisée autour d’un système tyrannique constitué par un noyau dur qui pratique le terrorisme intellectuel. Ce nouveau type de pilotage peut être interne et organisé autour du chef d’établissement ou externe et organisé autour d’un parti politique avec la collaboration éventuelle des délégués des parents. Dans ce jeux subtil d’alliances et de pouvoirs occultes certains collègues sont pris au piège. Les critères d’attribution des gratifications ou des sanctions sont alors « le fait du prince » et fondés sur l’allégeance des uns et des autres. La référence au travail est obsolète, ceux qui s’y réfèrent sont des gêneurs et sont exclus. Pour l’entité tyrannique, le pouvoir fait corps avec elle, sa fonction sociale et sa fonction de désir se confondent. Le but recherché n’est pas d’optimiser la tâche, mais la recherche de soumission. A ce moment là l’horreur s’installe pour la victime, l’instance de violence symbolique sans limite se substitue à l’instance de loi. Le recours est parfois dans une demande de mutation. Jour après jour la victime se voit privée des moyens de faire son travail notamment par la confiscation de son pouvoir de décision, par la destruction de son image avec les moyens classiques du lynchage médiatique : dénonciations injurieuses, calomnieuses et diffamatoires, la manipulation des élèves et des collègues. Parfois cette diabolisation réussie se concrétise par les pétitions des manichéens biens pensants contre la victime. Pour que le harcèlement ne devienne pas une affaire duelle où la destruction est possible, il faut que des tiers distanciés viennent s’interposer. Cette fonction d’interposition peut être tenue par des collègues, la hiérarchie ou les syndicats. Mais dans certains cas il se peut que le collectif participe au harcèlement de façon active ou passive. La création de rivalités, de rumeurs, voire de destruction d’autres collègues dans le vécu du passé collectif, génère un sentiment de peur. Il s’instaure alors un climat de suspicion généralisée, et chacun fait le dos rond, « tant que ça tombe sur lui (ou elle) c’est pas sur moi », but ultime de l’entité tyrannique qui peut alors savourer son pouvoir. La privation de parole et de relation caractérise la victime qui est souvent désinformée de ce qui se manigance dans son dos, elle ne comprend pas et n’a aucun soutient des autres. Elle se retrouve dans une situation d’aliénation sociale où la seule alternative à ses yeux est d’adhérer à l’idéologie locale ou d’être éliminée. Il y a cependant toujours une voie tierce et systémique : l’acquisition d’un savoir sur ces phénomènes de dynamique de communication.
ARNAUD Gilles.
Sur ce thème :
ENRIQUEZ, Eugène . Les jeux du pouvoir et du désir
dans l'entreprise. Paris : Desclée de Brouwer . 1997. 410 p.
Sociologie clinique . ISBN 2-220-04015-1
Un dossier sur le harcèlement moral sur le site
académique :
harcelement.htm
Le collège niveleur : berceau de la délinquance.
Nous sommes passées dans les établissements d’enseignement, de la libération salutaire à la revendication permanente. La violence et l’expression des droits individuels, au détriment de ceux de la collectivité, sont en constante progression. Une bonne dose d’assertivité devient nécessaire pour mener à bien notre tâche d’enseignement, mais elle ne parvient pas toujours à compenser une perte des règles du bon sens le plus élémentaire. Considérer les enfants comme des adultes, prétexter la non violence et l’égalité des chances pour ne pas régler les véritables problèmes, c’est une hypocrisie destructrice, au coût social élevé. Le fameux « contrat », par exemple, est un symbole inaccessible aux adolescents et développe un sentiment d’impunité chez les élèves les plus asociaux, les autres constatant que tout est permis. On aboutit en fait à une victimisation de masse des élèves bien éduqués. Les professeurs n’interviennent plus en cas de conflit, ils sont piégés par la double contrainte du risque d’intervention physique et du risque de la non intervention, ils évitent donc les lieux susceptibles de les mettre dans de telles situations. La fonction de régulation sociale du corps enseignant, en dehors de sa classe, est éradiquée de fait et ne sera compensée par aucune technique de vidéo surveillance. La voie étant libre pour les délinquants, nous constatons alors la triple agression des bons élèves, par les délinquants, par les profs qui se dérobent, par l’institution qui les culpabilise. Les élèves les plus évolués dans la perversité ont appris rapidement à jouer de la violence institutionnelle envers les profs, sachant que la tolérance zéro ne s’applique qu’aux adultes. Toute l’énergie du corps enseignant est ainsi consommée par la gestion « douce » des conflits, l’acte éducatif de transmission du savoir étant relégué aux oubliettes. La tâche est d’autant plus difficile que les médias banalisent et normalisent les comportements asociaux. Si pour un adulte des scènes filmiques sont jugées violentes ou immorales, il ne les juge ainsi que par rapport à son vécu et son expérience. Ce n’est pas du tout ce jugement qui est porté par les jeunes. Pour eux ce qu’ils voient est le monde tel qu’il existe et ils considèrent ces scènes normales. Ils ne font aucune différence entre la réalité et sa représentation par l’image. Ensuite ces comportements deviennent la norme et sont intériorisés, ils ne comprennent pas le discours sur la civilité qui n’est d’ailleurs jamais véhiculé par les médias. Ils n’ont aucune raison alors de réfréner leurs pulsions instinctives, base de la civilisation. L’organisation tribale, la violence, le mensonge, le vol, l’irrespect, les actes antisociaux, deviennent valorisant aux yeux des jeunes, et source de revenus. Ainsi formés par le collège, ces adolescents rois ne comprennent pas pourquoi il n’en serait pas ainsi toute leur vie, c’est à dire prendre et faire ce qui leur plait, saboter l’ordre public, au détriment de la majorité silencieuse et laborieuse. La libération des pulsions instinctives, qui devrait être réprimée dans l’œuf, est au contraire exacerbé dans certaines zones par l’idéologie de l’angélisme, et dans ces lieux de non droit les profs débutants sont jetés en pâture aux délinquants. Des faits dramatiques prouvent que la parole d’un professeur, la carrière d’un professeur, la vie d’un professeur, n’a aucune valeur face à la parole d’un élève. Les collègues bien pensants, et pour la liberté de penser comme eux, en ce qui concerne la scolarité de leurs enfants redeviennent étrangement pragmatiques et les confient à un modèle d’enseignement non public qu’ils jugent pourtant inacceptable. Cette schizophrénie permet d’évoluer confortablement dans le déni de réalité. Le bruit provoqué par le système politique et la dérive sociale, empêche le moteur conceptuel d’enseignement de fonctionner. Face à la crise de recrutement ainsi générée, on peut déplorer les recrutements réservés aux contractuels embauchés initialement sur des critères subjectifs, ce qui est une injustice flagrante et un mépris du mérite du concours externe et interne.
ARNAUD .Gilles.
« Ignorer
et piétiner tout ce qui est important et mettre sur un
piédestal tout ce qui est médiocre, c’est un certain type
d’éducation, et non seulement un vide. »
Alexandre Zinoviev . « Les hauteurs béantes »
. cité dans « L’invention de la
réalité » de Paul Watzlawick . page 207.
Ed. Seuil.
… pour comprendre le sens de théories pédagogiques dites anachroniques
encore utilisées par les nostalgiques du bon vieux temps.
En ce temps là, avant Christian Fouchet, ministre de l'Education Nationale du début des années soixante (la préhistoire), il y avait le lycée où s'effectuaient les humanités. Et pour la majorité des enfants, l'école primaire qui délivrait le certificat d'études à 14 ans (s'il y avait moins de 5 fautes à la dictée) puis le monde du travail, l'apprentissage, le collège d'enseignement technique pour l'obtention d'un C.A.P, les plus chanceux pouvaient se retrouver à 14 ans en 5ème dans une Ecole Primaire Supérieure (avant la seconde guerre mondiale) devenue ensuite le Cours Complémentaire puis le Collège d'Enseignement Général (C.E.G.). Sans langues anciennes, avec une seule langue vivante et de la physique et de la chimie à la place de la 2ème langue vivante, les élèves passaient le BEPC et pouvaient aller dans une seconde scientifique ou technologique.
Les professeurs d'enseignement général étaient issus du corps des instituteurs.
La réforme Fouchet créa le Collège d'Enseignement Secondaire qui regroupait :
- le premier cycle des lycées (la filière de type I) avec les professeurs certifiés et agrégés venus des lycées. Les classes étaient homogènes et chargées (souvent 35 élèves) mais l'enseignement était agréable,
- les classes des cours complémentaires et des collèges d'enseignement général (la filière de type II). Les classes étaient tout aussi homogènes et à effectifs moins élevés. Les langues anciennes et la deuxième langue vivante n'étaient pas au programme, l'enseignement était confié aux professeurs d'enseignement général des collèges (P.E.G.C.) issus des CEG dont le recrutement allait de bac – 2 (pour ceux issus du corps des instituteurs ayant le brevet élémentaire ou le brevet supérieur) à bac + 4 (pour les titulaires d'un DES –future maîtrise- qui avaient privilégié un recrutement académique pour continuer à vivre au pays),
- les élèves qui n'avaient pas le niveau pour suivre un enseignement secondaire étaient orientés vers une 6ème puis une 5ème de transition (la filière de type III). En théorie, ils pouvaient espérer une orientation vers l'enseignement secondaire normal mais en réalité, ils intégraient les 4èmes et 3èmes pratiques ancêtres des CPPN et CPA. L'enseignement dans ces classes était confié à des maîtres de transition et des maîtres de pratique qui étaient des instituteurs recrutés au niveau bac, qui avaient suivi un stage de formation dans une Ecole Normale d'Instituteurs.
La pression des syndicats du premier degré s'exerça avec toute la puissance disponible afin que les élèves de "type I" puissent être aussi confiés aux instituteurs et que les professeurs certifiés et agrégés aient des élèves de "type II" ou de "type III".
Cette nomenclature (type I, type II, type III) maladroite et péjorative dans sa formulation (surtout après 1968) subit les attaques égalitaristes de certains syndicats appuyés par les parents qui voulaient tous que leurs enfants soient parmi les meilleurs en type I.
Il fallait donc la supprimer.
Le SNES le demandait au nom d'une notion d'égalité mal assimilée et d'une solidarité fédérale dans la FEN, le SGEN l'exigeait au nom d'un égalitarisme forcené et le SNALC seul s'opposait à ce projet de formation unique, les méfaits de l'hétérogénéité restant insoupçonnés, en déposant un préavis pour une grève qui n'eut pas de succès.
La route était dégagée par l'instauration du collège unique (loi Haby ministre du gouvernement Chirac, en 1975 et application en 6ème en 1978) avec les classes hétérogènes et la suite …
Le corps enseignant en collège devenait aussi moins hétérogène, il y avait toujours des professeurs agrégés (de moins en moins) et des professeurs certifiés qui échapperont en 1989, sous Jospin, à un amalgame dans un corps dévalorisé de professeurs de collèges
Et toutes les autres catégories étaient regroupées dans le corps des PEGC qui devenait ainsi le corps le plus hétérogène (de bac – 2 à bac +4)
Les élèves avaient été utilisés comme cheval de Troie (leur 12ème anniversaire devenait le passeport pour le collège) pour les syndicats catégoriels des personnels qui n'avaient pas réussi les études supérieures pendant la période la plus favorable des 30 Glorieuses. Ainsi les étudiants qui après 6 années de première année dans différentes Facultés étaient devenus instituteurs, puis maîtres de transition ou de pratique avec la réforme Fouchet devenaient PEGC avec la réforme Haby (avec 15 ans d'ancienneté dans le premier degré, ils pourront prendre leur retraite avec à 55 ans jouissance immédiate) et avec le décret de 1993, ils pourront intégrer (s'ils ne sont pas votre principal) le corps des professeurs certifiés (qui deviendra après celui des instituteurs devenus moins nombreux -départ des élèves en collège oblige- le corps de fonctionnaires représentatifs de référence, donc le plus difficile, sinon impossible à revaloriser).
Mais leurs syndicats corporatistes(*) (le corporatisme n'est pas forcément critiquable), menacés d'élimination dans le second degré par disparition du corps (par extinction du recrutement des PEGC, intégration dans le corps des professeurs certifiés et départ à la retraite), ont mis en place avec la complicité de Jack Lang "la loi de 7 ans" qui est une quarantaine qui pénalise le passage des PEGC les plus anciens dans le grade de certifiés et à sa hors-classe. Un PEGC quinquagénaire peut terminer dans son grade, à l'indice 782 (classe exceptionnelle), comme un professeur certifié au dernier indice de sa hors-classe. S'il veut mettre 'professeur certifié' sur sa carte de visite, il devra attendre 7 ans avant de devenir professeur certifié hors-classe 6ème échelon (en attendant, il touchera une indemnité compensatoire différentielle) puis 3 ans pour passer au 7ème échelon et 6 mois de plus pour garder tous ses droits pour la retraite.
(*) le SNI-FEN et le SNC devenus le SE-UNSA et le SNCL
Les Ecoles Primaires Supérieures, Cours Complémentaires, Collèges d'Enseignement Général étaient implantés essentiellement dans des petites localités qui n'avaient pas les moyens matériels et surtout humains pour assurer un enseignement secondaire complet avec en particulier toutes les possibilités optionnelles. Ces Cours Complémentaires et ces Collèges d'Enseignement Général ont pu s'implanter aussi après 1945 dans les villes pour assurer un prolongement à l'enseignement primaire
L'implantation actuelle de collèges dans des villages de 1000 à 2000 habitants fait penser à une renaissance de ces "Ecoles Primaires Supérieures" avec zéro option.
C'est le retour à un enseignement secondaire au rabais
Le balancier de l'histoire éducative est-il parti dans sa partie extrême la plus sinistre ?
Pour revenir vers plus de bon sens ?
Peut-être mais pas certain, n'est-ce pas la préparation d'un terrain idéal pour une décentralisation à outrance avec un recrutement local au rabais des maîtres ? C'est possible avec le papy boom qui va laisser des centaines de milliers d'emplois à pourvoir(700 000 uniquement pour le renouvellement des chefs d'entreprises), la crise de recrutement dans l'Education Nationale va atteindre un niveau encore jamais atteint.
Dans ce cas les acteurs du désastre sont connus.
Mais vous les avez toujours très majoritairement approuvés !
La paupérisation intellectuelle des masses populaires aura réussi. Les coûts maintiendront l'école publique à son niveau le plus bas pour ne pas faire exploser les impôts locaux.
La réforme avait pour but la massification de l'enseignement secondaire, car si l'accès étant sélectif, il était injuste. Les chances d'y accéder étaient très faibles ou nulles dans les zones rurales d'une France encore rurale. Un bon élève pouvait être gardé dans l'enseignement élémentaire pour espérer décrocher à l'épreuve du certificat d'étude le 1er prix cantonal qui ajoutait à la renommée de son 'maître'. Le premier à l'examen d'entrée en 6ème apportait une certaine satisfaction mais son départ pouvait laisser des regrets.
Cette massification a réussi, nous les avons tous dans nos classes.
Est-elle une chance ?
En 1960, 25 % des élèves des Grandes Ecoles étaient des enfants d'ouvriers ou d'employés. En 2002, ils sont 0,5 %.
Et nos concurrents (les autres syndicats) sont prêts à descendre dans la rue pour défendre encore et toujours le collège (et le lycée aussi) unique
… la paupérisation des professeurs
Historique d'une déchéance
Les collègues arrivant à la fin de leur période d'activité ont connu la dégradation parfois accélérée dans la forme et le fond de leur métier.
Mais il ne sera fait ici que du déclassement économique et social d'une profession en l'espace d'une génération, d'une "carrière" (comme ce terme est inconvenant ici).
Au moment où arrive pour certains le moment d'un repos difficilement acquis et qu'il nous est encore balancé le terme galvaudé de 'solidarité' pour nos retraites, il est temps de rappeler que "nous avons déjà donné et bien donné"
Le déclassement social
En 1967, un professeur agrégé stagiaire (échelon 1) était à l'indice 297 et touchait net 1318,68 F (le point d'indice net était à 4,44 F, le brut était à 4,848) et terminait au 11ème échelon à l'indice 760 qui lui versait net 3374,40 F
Le SMIG (salaire minimum garanti) était à 2,50 F l'heure, le professeur agrégé débutant touchait donc un salaire équivalent à 527 heures SMIG par mois et en fin de carrière, il valait 1349 heures SMIG mensuelles.
En 2002, le SMIC, (salaire minimum de croissance) horaire net est à 5,41 € soit 35,49 F.
Est-ce qu'un professeur agrégé débute à 18703,23 F (2851,07 €) et touche 47876,01 F (7298,09 €) au 11ème échelon avant de passer à la hors-classe ?
Toujours en 1967, un professeur certifié débutant pendant son année de CPR (1 er échelon) à l'indice 258 avait un versement sur son compte de 1145,52 F, celui en fin de carrière au 11ème échelon touchait 2650,68 F à l'indice 597. Ce qui correspondait à 458 et 1060 heures de SMIG.
Est-ce qu'un PLC2 à l'IUFM perçoit 16254,42 F (2477,78 €) et le professeur certifié 11ème échelon touche-t-il 37619,40 F (5734,60 €) avant d'accéder à la hors-classe ?
Non, hélas, le collègue en fin de carrière ne reçoit même pas ce que devrait avoir son jeune collègue débutant. Il lui faudra atteindre le dernier échelon de sa hors classe pour se hisser à ce niveau !
Le déclassement professionnel
Les différentes catégories ont connu des revalorisations indiciaires, il suffit donc d'afficher les grilles à 35 ans de distance des différents grades enseignants dans le second degré (collèges et lycées).
|
Professeur agrégé |
|||||||||||
|
Echelons |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
8 |
9 |
10 |
11 |
|
1967 |
297 |
365 |
406 |
449 |
490 |
532 |
574 |
623 |
673 |
722 |
760 |
|
2002 CN |
378 |
435 |
477 |
517 |
553 |
592 |
634 |
683 |
733 |
782 |
820 |
|
2002 HC |
657 |
696 |
733 |
782 |
820 |
880 (6a) |
915 (6b) |
962 (6c) |
|
|
|
la revalorisation des points d'indice en fin de classe normale a été de (820 - 755) / 755 = 8,60 % en 35 ans, et au total : de (962 – 755) / 755 = 27,42 %
|
Professeur Certifié |
|||||||||||
|
Echelons |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
8 |
9 |
10 |
11 |
|
1967 |
258 |
297 |
319 |
345 |
369 |
388 |
418 |
460 |
506 |
551 |
597 |
|
2002 CN |
347 |
375 |
394 |
415 |
438 |
466 |
494 |
530 |
566 |
611 |
657 |
|
2002 HC |
494 |
559 |
600 |
641 |
694 |
740 |
782 |
|
|
|
|
la revalorisation des points d'indice en fin de classe normale a été de (657 - 592) / 592 = 10,98 % en 35 ans, et au total : de (782 – 592) / 592 = 32,09 %
|
Professeur d'Enseignement Général des Collèges |
|||||||||||
|
Echelons |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
8 |
9 |
10 |
11 |
|
1967 |
228 |
258 |
280 |
297 |
315 |
331 |
350 |
372 |
395 |
418 |
441 |
|
2002 CN |
318 |
337 |
358 |
375 |
393 |
414 |
433 |
457 |
481 |
510 |
539 |
|
2002 HC |
456 |
480 |
509 |
538 |
611 |
657 |
|
|
|
|
|
|
2002 CE |
611 |
663 |
694 |
740 |
782 |
|
|
|
|
|
|
la revalorisation indiciaire pour le dernier échelon de la classe normale est donc de (539-436) / 436 = 23,62 % et au total est donc de : (782 – 436) / 436 = 79,35 %
La publication de ces trois grilles comparatives n'est pas pour opposer les catégories(*), car le scandale est ailleurs. Elle permet simplement de rappeler que le SNALC était bien seul en 1989-1990 dans l'action "revalorisation" avec sa 'grève' des notes et ses 30 préavis de grève pour les 30 derniers jours de l'année scolaire.
(*) Si certaines sont passées de 28, 23 ou 21 heures à 18 heures, -(sans aucune référence à la sinistre comédie de la Dame des 35 heures et des commentaires des clowns tristes de son entourage qui ont suivi)- cela doit être apprécié positivement.
Mais leur revalorisation statutaire de 21/18 à 28/18 varie entre 92,57 % et 105,80 %
Mais que faisait le grand syndicat des professeurs certifiés et des professeurs agrégés ?
Les enseignants en Arts Plastiques et Education Musicale n'étaient-ils plus à 20 et 17 h ?
Le déclassement économique
Il suffit de citer les chiffres dans toute la cruauté de leur vérité
En 1969, le PIB par habitant était à 14648 F
(réf les Images Economiques du Monde de Jacqueline Beaujeu-Garnier et André Gamblin qui donnent un PIB/hab de 2804 $ pour un taux de change de 5,08 F pour 1 $).
le point d'indice net valait en août 1969 : 4,86 F
En 2002, le PIB par habitant est à 144310 F (22000 € sur http://insee.fr).
le point d'indice net est à 22,77 F
La richesse des Français a été multipliée par 9,85
la base de calcul des traitements des fonctionnaires a été multipliée 4,68.
Quel que soit le type de comparaison employé, les fonctionnaires se retrouvent toujours avec une demi-portionn de la galette
Y avait-il des syndicats de fonctionnaires au Ministère de la Fonction Publique pendant ces 33 longues années d'appauvrissement ?
Il faut bien constater que la moitié de nos salaires est partie dans d'autres poches.
Pendant ces 33 années (18 ans avec un gouvernement de droite, 15 avec un gouvernement de gauche) nous avons été prolétarisés à cause de complicités que nous devons sanctionner.
La dernière complicité n'est-elle pas €uropéenne ? Aucune centrale n'a vraiment dénoncé la hausse des prix due au passage à l'euro et n'a demandé le maintien du pouvoir d'achat pour les fonctionnaires !
Mesdames et Messieurs les Politiques, nous ferons les mêmes calculs avec vos revenus quand vous viendrez nous parler de nouvelle donne, de nouvelle répartition et de solidarité.
On a déjà donné
Et nous espérons une action syndicale enfin efficace pour effacer cette honte.